Après une première tranche réalisée par l’entreprise Meilhac afin de consolider le mur de soutènement, le lavoir a bénéficié en 2025 d’un rajeunissement global grâce aux services de Paul Gignoux, artisan maçon, nouvellement arrivé sur la commune et spécialisé dans la rénovation du patrimoine et du bâti ancien. Soucieux du moindre détail et guidé par son expérience et son savoir-faire, Paul Gignoux a réussi à redonner à cet ouvrage, témoin du passé, son éclat et son aspect originel. 

Paul Gignoux, raconte : “Ces travaux se sont passés dans une bonne ambiance. Ce lavoir servait essentiellement à rincer le linge. D’après des témoignages, il fût probablement utilisé jusqu’aux années 50 - 60. Quelques personnes sont venues me poser des questions et me raconter leurs souvenirs de ce lavoir.

J’ai trouvé plusieurs pièces anciennes qui pourraient permettre de dater ce lavoir. La plus ancienne trouvée date de 1852. C’est une période où les lavoirs sont partie prenante du progrès qui est en plein essor au milieu du 19ᵉ siècle. Un grand nombre de villages se dotent de lavoirs et notamment de lavoirs avec une toiture.

À Saint-Privat, on comptait un autre lavoir où se trouve aujourd’hui la station de lavage automobile près du garage Thom auto.

"Le lavoir est un endroit de rencontre, de sociabilisation. Les hommes n’étaient pas acceptés en ce lieu. Les femmes se retrouvaient et se confiaient leurs histoires, elles se disputaient parfois, mais aussi riaient entre elles. Les enfants accompagnaient leurs mères et jouaient aux billes, j’ai d’ailleurs retrouvé des billes en argile, et même des grosses billes, des boulards.”

Comment lavait-on le linge autrefois ?

Les lavandières ou bugadières représentaient les femmes employées à nettoyer le linge.

Qu’elles soient bugadières ou femmes à la maison, elles arrivaient avec une brouette remplie de linge préalablement nettoyé, et une petite caisse en bois couverte d’un linge afin de s’agenouiller.

Faire la Bujade : terme provençal signifiant faire la lessive. Cela consistait à faire blanchir le linge avec de la cendre. Le savon de Marseille a fait son apparition au début du 19ᵉ siècle.

Paul Gignoux a façonné le sol appelé aussi la calade (cela consiste à caler, coincer les pierres posées sur du sable afin qu’elles tiennent entre elles) et les murs en pierres sèches fabriqués sans liant. Il s’agit de la même technique, c'est-à-dire de caler les pierres les unes contre les autres et faire en sorte qu’elles s’emboitent entre elles.